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05-09-2010 22:08










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Le Centre de la Mémoire d'Oradour-sur-Glane: un lieu atypique
inauguré par le Président de la République Jacques CHIRAC et
initié par le Président Jean-Claude PEYRONNET

Centre de la memoire d'Oradour

Le Centre de la Mémoire d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) est un établissement public administratif départemental ayant pour vocation de délivrer un message militant de paix et de vigilance en souvenir du drame du 10 juin 1944, archétype des massacres collectifs de populations civiles perpétrés par les troupes armées de la Waffen SS. Oeuvre pédagogique, cet équipement culturel constitue un préalable à la visite des ruines du village martyr, classées monument historique.
Dans le but de transmettre aux générations présentes et futures la vérité des faits sur cette tragédie et pour en comprendre les raisons tout en évitant de justifier l'inqualifiable, le Centre de la Mémoire axe ses activités autour de trois pôles: accueillir, informer, former.
Relayant l'exigence de vérité historique, l'architecture et la scénographie de lieux contribuent également à la compréhension des messages didactiques martelés par le Centre de la Mémoire. D'une superficie de 3000m2, et semi enterré pour se fondre dans les courbes du terrain, il a été conçu comme le lieu d'un voyage, d'une descente en profondeur.

A l'extérieur, la déchirure centrale du bâtiment par des lames d'acier rouillées symbolise la violence d'Oradour tandis que ses façades de verre incitent les visiteurs à osciller entre passé et avenir.

A l'intérieur, plusieurs salles expliquent la période nazie de 1933 à 1945, l'itinéraire sanglant de la Division DAS REICH, puis la journée dramatique du 10 juin 1944. La matière devient ainsi un levier dans l'effort de mémoire. L'espace sciemment dénudé permet à chacun de conduire sa propre réflexion.

L'information des visiteurs du site passe par la visualisation successive de deux expositions.

La première dite exposition permanente retrace l'indicible dans son contexte historique de la Seconde Guerre Mondiale et plus particulièrement du nazisme. Elle est le résultat d'une double ambition. Elle répond à la problématique de la mémoire et de l'histoire: le temps faisant son oeuvre, les ruines seules ne peuvent continuer à perpétuer pour l'avenir un message de mémoire et de paix sans la présence de témoins. Fruit des travaux d'un comité scientifique composé d'historiens de renom, dont Madeleine Rébérioux et de grands témoins de la période, elle répond à l'exigence de vérité historique et constitue un cheminement vers la réflexion.

La seconde regroupe des expositions temporaires étayant le message délivré par le Centre de la Mémoire. Jusqu'en mars 2006, le Centre de la Mémoire accueille l'exposition "les Jeunesses Hitlériennes, de Nuremberg à Oradour" avec la volonté d'expliquer l'endoctrinement des jeunes et leur asservissement au tyran.

La formation:

Une politique d'animation culturelle axée sur la citoyenneté et sur l'apprentissage des droits de l'Homme tente quant à elle de former tous les publics. L'établissement public développe ainsi sa vocation pédagogique par l'instauration d'un service éducatif qui s'appuie sur un fonds documentaire riche. Enseignants, groupes scolaires, mais aussi chercheurs peuvent accéder à une collection de 10 000 pièces d'archives françaises et étrangères et à 3 000 ouvrages disponibles. Des classes de collégiens et lycéens de la région Limousin et d'autres lieux, viennent toute l'année se sensibiliser aux méthodes d'exploitation pédagogiques développées par le Centre, qui ambitionne de devenir un pôle de référence internationnal en la matière.

Initié dès les années 1980 par Jean-Claude PEYRONNET, à l'époque Président du Conseil Général et dont il assure actuellement la Présidence, le Centre de la Mémoire s'est mis en place en accord avec l'Association Nationale des Familles de Martyrs et la municipalité d'Oradour-sur-Glane. Engagé dès 1992 par le Conseil Général de la Haute-Vienne, le projet a reçu le soutien de l'Union Européenne, du Ministère de la Culture, du Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, et de la région Limousin, 70% environ des 61 MF restant à la charge du département.

Aujourd'hui, le Centre de la Mémoire enregistre 121 800 visites par an et 275 000 avec le village martyr. En détail, 764 groupes dont 579 concernent des scolaires soit plus de 20 000 élèves. Un espace-repas permet désormais aux jeunes, extérieurs au département et venus visiter le Centre, de se restaurer sur place dans une ambiance accueillante et conviviale.

Le Centre de la Mémoire est animé par une équipe constituée de 21 agents permanents.

Son budget d'exploitation est de l'ordre de 1 500 000 euros.

Quant à la subvention du Conseil Général, elle étaient de 366 000 euros en 2006.

Après  l'exposition temporaire relative à la symbolique du Journal d'Anne Franck, l'année 2007 permettra de solliciter à nouveau la conscience collective, avec l'exposition inaugurée dès le mois de juin et relative à "l'hystérie raciale, les lois de Nuremberg". 

deuxième texte: article de Jean-Claude PEYRONNET paru dans LIBERATION du 16 juillet 1999:
D'ORADOUR A PRISTINA par Jean-Claude PEYRONNET


Est-il possible qu'il y ait encore à dire sur Oradour?
Est-il possible qu'il y ait à dire y compris pour le grand public et non pas seulement pour les historiens, spécialistes de la mémoire?

>Lorsque le Conseil général de la Haute-Vienne, il y a encore quelques dix ans, se lança dans l'aventure du montage d'un Centre de la Mémoire, il s'agissait de réaliser trois objectifs.

Accueillir d'abord : pari réussi grâce aux 3000 m2 abrités par la réalisation d'Yves DEVRAINE, volontairement discrète, mais violente aussi par ses lames d'acier rouillé, symbole de l'épouvantable déchirure.

Informer ensuite: pari réussi par le travail considérable de recherche de Jean-Jacques FOUCHE, synthétisé dans l'écriture d'un message à plusieurs niveaux de lecture.

Former enfin et notamment les jeunes: travail en cours et qui sera opérationnel à l'automne avec l'appui de l'Education nationale. C'est dans l'écriture du message que l'originalité se découvrira, même si pour le visiteur pressé, l'essentiel apparaîtra pour ce qu'il est d'abord: une oeuvre de mémoire et un message militant de paix. Car, les recherches de Jean-Jacques FOUCHE apportent beaucoup plus à la compréhension des meurtres collectifs et systématiques, y compris dans leur cruelle actualité.

Peut-on répondre à ces questions: pourquoi? Pourquoi ici? Peut-on comprendre sans bien sûr justifier? Il semble que oui.

Oradour est un hasard de l'Histoire dans sa localisation géographique. C'est une nécessité programmée dans la logique des bourreaux: une marche inéluctable conduit la division SS Das Reich jusqu'à Oradour, victime aléatoire choisie au bout du compte au dernier moment, parce qu'elle se trouve entre deux cantonnements de troupes.

Cette division fait mouvement vers le Nord depuis Montauban où elle est basée en passant par le Limousin, avec la mission de nettoyer la région « des bandes ». Mais, ce n'est plus la division d'élite de 1940. Elle fait retraite depuis la Russie. Décimée et au-delà, elle est en cours de reconstitution avec de très jeunes recrues souvent étrangères (dont les alsaciens incorporés de force), un sous-encadrement très fort, aussi bien en officiers qu'en sous-officiers, un matériel insuffisant en armement comme en transport. Mais, si l'intendance est défaillante, l'idéologie est intacte et les méthodes conservées.

HIMMLER déclarait le 24 avril 1943 aux officiers de la Waffen SS à Khardov: « pendant les combats....notre réputation nous précédait: nous avons en effet la réputation d'éveiller la peur et de semer la terreur, c'est une arme extraordinaire, et il ne faut pas la laisser s'affaiblir, il faut au contraire toujours la renforcer ». C'est de cela qu'il s'agit: créer une onde de choc de l'horreur à partir d'un acte de brutalité inouïe qui frappe les imaginations à des kilomètres à la ronde, malgré la médiocrité des communications. Aussi, deux finalités peuvent-elles être relevées dans l'extermination des 642 personnes du 10 juin 1944, à Oradour:


Cette relecture d'Oradour présente hélas une actualité que nous n'imaginions pas il y a dix ans. « à quoi cela sert-il donc m'interrogeait une jeune journaliste puisque sans cesse les choses recommencent, et dans les mêmes formes? » Je lui répondis que tel Sisyphe, nous devions continuer. Et pourquoi? Parce que malgré tout, la conscience collective fait évoluer les choses: quelle différences entre les Oradours de 1944 et les charniers de 1999? Peut-être simplement que MILOSEVIC, Chef de l'Etat en exercice, est poursuivi devant le Tribunal Pénal International avant même la chute de son régime. Le Centre de la Mémoire d'Oradour-sur-Glane, de même que l'impressionnante visite des ruines doivent alimenter cette capacité d'indignation des consciences afin qu'elle renforce le militantisme des forces de paix.


pour plus de renseignements, consultez le site officiel,cliquez ici.

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